Ce relativement joli paquebot blanc aux formes à la fois lourdes et
élancées (comme une très bella donna qui, avec l’âge, commencerait
un peu à s’envelopper par l’arrière) a une histoire incroyable. Il fut
même pendant des années, le (vieux) loup dans la bergerie. Pour autant
que l’on puisse considérer les Gênois plus comme des bergers que
comme des financiers. Car, rangé le long des quais de Gênes, en
attendant une rénovation toujours annoncée, constamment
subventionnée, mais changeant de date et de forme au gré des nouveaux
“propriétaires” (disons avaleurs plutôt que bailleurs de fonds), il
s’agissait tout simplement du STOCKHOLM , ce même petit paquebot
suédois de la Swedish America qui, au cours d’une funeste journée de
juillet 1956, avait éperonné, au large des Usa, le fameux liner italien
ANDREA DORIA .
Or il ne faudrait pas oublier que ce dernier paquebot était tout de même à
la fois, à cette époque, l’un des fleurons de la marine italienne d’après
guerre et le digne éponyme du plus fameux amiral et condottiere gênois,
véritable héros local et national. Après cette catastrophe, ayant fait, à
cette époque, couler beaucoup d’encre, sans compter de nombreux
passagers et marins, le STOCKHOLM lui-même fut vendu par une
marine suédoise assez consternée, presque en catimini, aux.. syndicats de
l’Allemagne de l’Est qui en firent, sous le nom de VOLKER
FREUNDSCHAFT (“l’Amitié des peuples”) une sorte de réminiscence
rouge de l’ancienne “Force par la joie” national socialiste d’avant guerre
. Il fut le même le premier (et seul) navire à pouvoir forcer le blocus de
Cuba par les Américains pour y décharger quelques nomenlatouristes de
la Rda pour avoir une idée du futur paradis castriste qui commençait à
peine?
Mais en 1985 même la Rda s’en dessaisit. Il est vrai que ses syndicats
avaient racheté alors le plus moderne ARKONA (futur ASTORIA) aux ...
Sudafricains de la SafMarine (même si ils fustigeaient encore
l’apartheid) et le navire, après avoir servi un temps à Oslo, comme
bateau-asile pour réfugiés sous le nom de FRIDTjOF NANSEN, fut
finalement revendu à ...en fait on ne savait trop à qui mais à des Italiens.
Et, de fait, il put être contemplé, pendant plusieurs saisons, dans un des
arrière-bassins du port de Gênes. En attente de ..?
Les bruits les plus fous couraient sur son destin. On devait même, un
moment, le transformer complètement Art déco ou Années folles. Peu
importe, les subvenzione couraient, elles, follement,..de mains en mains.
Le plus extraordinaire est qu’on est arrivé, un beau jour de 1994, au bout
de tous ces mic-macs si genovese et que l’ITALIA PRIMAe st bien sorti
du port (non sans s’être fait rajouter une sorte de faux cul en boudin pour
mieux ballaster tous les nouveaux ponts qu’on y avait rajoutés). Et que,
de surcroît, on s’aperçut rapidement que c’était un très bon bateau de
croisière.
Superbes cabines, toutes vastes, un seul service. Une assez
jolie décoration intérieure. Tout dépendrait, au total, du service de
bord et, au fond, des affrètements.
Après un assez long charter de Neckermann et une première
période notamment-et paradoxalement -déjà au départ de Cuba, il
avait été affrété, fin 99, pour cinq années par le tour opérateur italien
Valturpour des croisières essentiellement lancées à partir du
royaume de Fidel Castro.
Mais ce nouveau positionnement
contractuel à Cuba, mal géré par Valtur, fit un véritable bide et, en
2002, on finit par le retrouver opéré, sous le nom de CARIBE, par
Festival Croisitourjoeusrs évidemment à Cuba. Grâce, une fois de
plus, à encore un arrangement très gêno-gênois. Car d’une part il
appartenait toujours aux banques gênoises et d’autre part a certains
engagements avec Cuba Croisières (où l’on retrouvait comme par
hasard quelques italiens). Avec tous les évènements qui ont affecté
Festival,le CARIBE a retrouvée une certaine liberté. Du moins il a été
affrété coque nue à Arcalia Shippidne gG e orge Potamianos, le
cousin lusitanien des Potamianos de Roc.
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